Ce blog est dédié à Raymond Domenech

Normalement il faut finir par les remerciements, je me lance.

Il y avait comme vous pouvez vous en doutez toute une équipe derrière ce blog (et je dis merde aux règles stupides qui m'empêchaient de dire blog vu que c'est le nom dédié à ce type de site où des connards racontent leurs vacances).

J'ai mis un peu de temps car il m'a fallu identifier tous les contributeurs, j'ai enfin le listing, allons-y.

Tout d'abord je remercie mon équipe d'auteurs qui a permis l'alimentation régulière de ce site:

- Marc Levy pour le style,

- Eric Zemmour pour les analyses politiques,

- Max Gallo pour les points historiques,

- Frédéric Mitterand pour les points culturels (et seulement culturels, pour le reste il y avait Olivier),

- Luc Besson pour le scénario,

- Eric Besson pour les transports,

- Pape Diouf et Jean-Michel Aulas pour les dialogues,

- Jean-Pierre Raffarin pour les histoires drôles,

- VGE (RIP, ah non en fait) pour les histoires de cul,

- Olivier Besancenot pour la livraison des posts,

- François Hollande pour la synthèse et la coordination du travail.

Il y a bien sûr une équipe technique derrière tous ça. Vous aurez remarqué la qualité de la mise en page, les ajouts photos et le design révolutionnaire. Cette équipe était menée par le copain de Ségolène Royal. Ca m'a coûté un bras mais je suis content du résultat... Pour les petites mains, je ne les remercie pas, elles comprendront qu'elles ne méritent pas ma considération.

Il y a également ceux qui m'ont inspiré, ils se reconnaîtront.

Il y a également ceux qui ne m'ont pas inspiré, ils se reconnaîtront.

Il y a également les autres, ils se reconnaîtront.

Il y a ceux que je n'ai pas cité et ils sont nombreux.

Je voulais dire aussi à ceux qui ont gentiment laissé des commentaires que je ne les ai pas lus.

Cette fois c'est vraiment fini et je n'ai qu'un mot à vous dire : AU ...

Statistiques et informatique

Comme on pouvait s'en douter, l'alimentation de ce site va prochainement prendre fin. Il va aller mourir à petit feu dans les abîmes de l'internet au coeur de la fosse commune qui rassemble tous ces skyblogs abandonnés d'adolescents décrivant leur mal être et la difficulté de vivre dans un monde si dur d'adultes qui ne comprennent pas qu'une casquette se porte à l'envers et qu'un piercing au nombril est obligatoire pour se faire des amies en 5ème. Bref du beau monde!
 
Je me posais une question bête pendant mon voyage entre un sauvetage d'orphelins pris dans un typhon et une distribution de vaccins pour les enfants-soldats. J'écris des billets pour raconter mon quotidien, il doit bien y avoir quelques désoeuvrés pour les lire mais comment savoir si ce que j'écris intéresse (voire plaît aux lecteurs).
 
Il y a plusieurs solutions pour le deviner mais beaucoup sont insatisfaisantes.
 
Prenons pour exemple les chiffres de fréquentation du site.
Pratique me direz-vous! Et bien non, comment être sûr que le décompte est bien fait. Sur 100 connexions, il y en a peut-être 90 de ma maman qui rafraîchit la page plusieurs fois par jour pour trouver des preuves de vie?
Et même en imaginant que le décompte soit bien fait, cela démontre-t-il un intérêt pour le site? Je n'en suis pas si sûr: je vais régulièrement sur le blog de Daniel Riolo (journaliste sportif spécialisé dans le football). Ça ne m'empêche pas de trouver que ce qu'il écrit est profondément débile, j'y vais seulement dans l'espoir, qu'un jour, il soit frappé par la foudre de l'intelligence ou, à défaut, frappé par la foudre tout simplement.
 
Deuxième possibilité, les retours des lecteurs. Insastisfaisant également, ça ne coûte rien de dire qu'on a bien aimé. Moi-même, adepte du compliment, dans bien des cas je n'en pense pas un mot, mais ça fait tellement plaisir de voir un visage éclairer par un sourire de satisfaction et de fierté personnelle à peine contenue: Je fais ça uniquement par altruisme. J'entends déjà les rabats-joie qui diront: "gnagnagna, il faut être honnête dans la vie, le mensonge c'est pas bien", et toutes ces conneries. C'est quand même plus pratique d'encourager les gens par des compliments que de leur dire la vérité et risquer qu'ils le prennent mal. En outre, plus il y a de gens qui ratent leur vie, plus on a de chances de réussir la sienne, au moins par défaut. Bref, à nouveau un système qui ne fonctionne pas.
 
C'est alors que la lumière est venue à moi telle celle qui frappa Saint Paul sur le chemin de Damas ou celle de Laurent Blanc pour l'équipe de France en 1998 ( les puristes et les puritains comprendront).
 
Ainsi, comment mesurer précisément la satisfaction des lecteurs?
Simplissime! En leur demandant de s'investir dans la réponse.
 
Je vous livre donc la solution:
 
Si vous avez aimé lire ces billets, envoyez-moi à votre tour un billet (ou un chèque) à:
 
Thomas Seguin (et oui c'est moi pour ceux qui ne m'avaient pas reconnu!)
4 rue Michel Peter
75013 Paris
 
Le plus petit billet étant 5 euros, on peut dire que la mise initiale est de ce montant.
 
Vous allez me dire que c'est un procédé indigne, que la culture doit être accessible à tous. Je vous répondrais que ce n'est pas de la culture. J'espère que Nicolas Sarkozy lit ce blog, il y verra une application directe de la loi Hadopi. (Je rajoute le nom de Nicolas Sarkozy uniquement pour augmenter mon référencement sur Google).
 
Je viens d'ailleurs, à l'instant où j'écris ces lignes, de recevoir un premier témoignage monétaire de moi-même, j'ai, en effet, beaucoup apprécié me relire pour tenter de corriger les fote d'orthographe.

La feuille de match

le bilan chiffré de ce voyage (avec quelques lettres quand même):

-172 jours de voyages, on pourrait subtilement arrondir à 170 jours, mais il ne faudrait compter que les jours hors Union Européenne et considérer que la Polynésie Française ne fait pas partie de l'UE, bref on reste sur 172 qui ressemble à un compte rond car 1+7+2=10 et 1+0=1 , résultat qui correspond au nombre de tour du monde que j'ai fait. Magique, non???

-11 pays visités, 13 pays traversés, 12 étapes réelles de 3 à 27 jours par pays. Ce qui doit donner, en cumulant, une journée d'attente aux différentes douanes.

- 48643 km en avion, ce qui correspond à 1,21 fois la longueur de l'équateur et à 2702 fois la ligne 7 du métro parisien. Répartis sur 14 trajets en avion (tous arrivés à bon port), ça nous fait un trajet moyen de 3474,5 km. Malheureusement pour la planète, c'est également 10,68 tonnes de CO2, voire un peu plus car il y a des trajets où je me suis allongé sur plusieurs fauteuils. Autant vous dire que je ne suis pas fier, mais d'un côté, c'était avant la taxe carbone et comme il n'y a pas rétroactivité de la loi, je me contenterais d'une petite plante verte dans mon salon pour compenser.

-un bon paquet de transports différents utilisés: train, bus (pour les deux par tranches maximales de trente heures), mini-bus, bateaux (plus ou moins fiables): du ferry à la barque, 4 roues, 2 roues en tous genres, avec ou sans moteur, et puis mes pieds dans 6 habillages différents plus le modèle dénudé.

-28 fuseaux horaires traversés (je suis revenu sur mes pas), pour 14 changements d'heure (même si je n'avais pas de montre).

-une amplitude thermique de 60 degrés : -20°C à +40°C, mais je n'ai pas recongelé après avoir congelé.

-une altitude comprise entre -10m et + 5200m, sans embolie pulmonaire.

-2 des 7 nouvelles merveilles du monde vues, et 7 parmi les 21 "candidats initiaux".

-110 cartes postales envoyées, essentiellement en France (1 seule avec une femme nue dessus mais c'était artistique).

-30 livres lus (hors guides touristiques) pour 8885 pages et pas beaucoup d'images, ça fait une moyenne de 50 pages par jour environ et je ne compte pas les textes explicatifs dans les musées. Comme je suis lancé je vous livre même un petit trio de lectures que j'ai bien aimées.
Compartiments pour dames - une rencontre de femmes dans un train en Inde et leurs histoires respectives
Le Portail - récit autobiographique d'un français prisonnier des khmers rouges
J'avoue que j'ai vécu - Autobiographie de Pablo Neruda
Autres conseils à la demande.

-19 lessives, soit une tous les 10 jours. Petit exercice d'analyse de cette donnée.
1 lessive tous les 10 jours, c'est:
-trop si on part avec des affaires pour 20 jours,
-pas assez si on part avec des affaires pour 5 jours, sauf si on vit tout nu la journée, ce qui peut arriver quand on part dans des pays chauds. il y a des endroits où un maillot de bain peut suffire pour 3 mois.
Dans mon cas, c'est un score satisfaisant. 

- En vrac, 3 cartes mémoires de photos, un atelier couture, 850 fruits et légumes mangés (5 par jour, comme conseillé), 1700 heures de sommeil (10h par nuit, comme conseillé, ah c'est moins?? dommage), 2 matchs de l'OL visionnés (pour deux victoires), 5 passages sous caméra thermique, une paire de chaussettes égarée, 10 briquets utilisés, 0 cachet de tamiflu ingurgité.

Et ce que je n'ai pas compté:

-les sites classés à l'Unesco visités :il y en a trop et je ne suis pas dans une logique de course à la culture. Et puis entre nous, il y a à boire et à manger dans ce qui est classé à l'Unesco. Sous prétexte qu'il y a trois pèlerins qui ont posé une pierre dans leur cuisine il y plusieurs milliers d'année, on fait un musée, un parking pour les bus et des boutiques de souvenirs...

-le nombre de gens rajoutés sur Facebook

-le nombre de gens rajoutés sur Facebook avec qui je ne serai plus jamais en contact.

-le nombre de photos prises, j'en ai effacées plein.

-le nombre de photos conservés, je n'ai pas encore trié.

-le nombre de photos ratées, il risque d'être supérieur au nombre précédent et ce serait trop désolant.

-le nombre de mots que je ne suis pas arrivé à dire en anglais.

-le nombre de mots français auxquels j'ai rajouté un "o" en espérant que ce soit de l'espagnol.

-et tout ce qui n'est pas dans la liste...

On pourrait croire que c'est le dernier billet mais ça se voit que vous ne regardez pas assez de matchs de foot, on ne finit jamais une retransmission sur la feuille de match, donc restez vigilant.

Je n'ai pas eu peur

On m'a dit: "si tu vas à New York, il faut ABSOLUMENT que tu ailles voir une messe Gospel à Harlem, c'est fabuleux!".
 
Je ne suis pas contrariant donc je suis allé voir une messe Gospel à Harlem.
 
Je suis un peu con en revanche, donc j'ai pris mon petit guide de la ville en question et j'ai regardé ce qu'on me conseillait comme paroisse.
 
Par chance, ça doit faire partie des "must" de la Big Apple (ou de l'ancienne Nouvelle-Amsterdam si je veux me lancer dans les synonymes de la Cités des Anges - raté). Je trouve donc mon adresse: l'Eglise Baptiste Abyssinienne réputée pour son pasteur charismatique et militant, le dénommé Calvin O. Butts III, qui aurait une grande influence politique.
 
J'arrive légèrement en retard (on sent que la rentrée approche...)pour la deuxième séance dominicale, problème, je ne dois pas être le seul à qui on avait dit que c'était "ABSOLUMENT fabuleux" car la queue fait le tour du pâté de maison avec une dizaine de vigiles-GO qui lancent les instructions sur la forme de la file, les temps d'attente, les consignes de sécurité...
 
Je commence à me dire que je vais rater un moment phare lorsque ma vue perçante me permet d'observer de l'autre côté de la rue, une autre église.
 
Rien que le nom annonçe tout un programme: The African Methodist Episcopal Zion Church.
 
Je rentre et je ressens déjà les vibrations du choeur, la passion spirituelle et la foi magnétique qui accompagnent tous ces fidèles extatiques venus écouter et communier ensemble autour de ce message d'amour libérateur qui a traversé les siècles pour, aujourd'hui, rejaillir dans le coeur de chaque homme et de chaque femme (et de chaque personne au sexe indéterminé car Dieu est amour et accepte les brebis égarées même si c'étaient initialement des béliers et inversement).
 
Je m'assieds.
 
Je regarde mon voisin, un blanc, je regarde le banc devant, des blancs, les autres bancs, des blancs.
 
En tout et pour tout, il y a 10 noirs dans l'assemblée, pasteur, prêcheur, chanteurs, videurs compris. Le reste c'est du touriste, sûrement refoulé comme moi de la première boîte, enfin église.
 
Je ne suis pas vraiment adepte des théories raciales et autres qui fleurissent de temps à autres dans nos contrées mais je m'attendais à un peu plus de couleur locale. C'est un peu comme aller au Parc Astérix et voir Mickey. Heureusement que je n'ai pas payé, je suis à deux doigts de partir.
 
Je reste quand même car vous l'aurez compris, la menace du paragraphe précédent n'était qu'un effet d'annonce pour ajouter un peu de suspens à cette histoire qui en manque terriblement.
 
Je suis donc resté et j'ai bien fait car j'ai passé un bon moment. Pour un truc touristique, c'était vraiment bien fait. Si vous avez déjà vu des offices de ce type dans des séries ou des films, on retrouvait tous les codes du genre.
Une personne monte à la tribune et commence un mélange de sermon et de témoignage.
Le style est direct,vivant mais en anglais donc vous n'aurez pas la traduction intégrale (s'il ne fallait pas faire 15 enfants et porter des chaussettes qui remontent jusqu'aux genoux, je serais presque pour la messe en latin, au moins ce serait uniformisée).
Les envolées lyriques se succèdent, ponctuées de "oh yeah!", "amen!", voire, pour les plus belles, de riffs de synthé et de quelques percussions sur les tambourins.
Le révérend assis derrière l'autel, acquiesce les yeux fermés accentuant son accord par des tapotements sur son accoudoir.
Même les momies/mamies du premier rang s'enthousiasment comme si on leur avait annoncé que le dernier numéro de "Tricot magazine" était en kiosque.
 
La fin du prêche était accompagné du fameux "Oh Happy Days". A ce moment là, tout fout le camp. Tout le monde se lève, tape dans les mains, chante à tue-tête. Tout le monde sauf moi, car je suis en train de prendre des notes pour écrire ce billet (qu'est-ce que je ne ferais pas pour vous?!).
 
Il manque aussi le troupeau d'Italiens qui étaient assis devant moi. Je dis Italiens par déduction car je ne les ai pas entendus parler distinctement. Ils avaient seulement une tenue et un style qui ne pouvaient qu'être italiens. A quelques millimètres de ce qui pourrait être considéré comme "fashion" mais les quelques millimètres manquant font tout retomber dans le mauvais goût. Si près, si loin...
Je tiens à préciser que je n'ai rien contre les italiens, d'ailleurs j'adore leur cuisine.
 
Les macaroni sont donc partis, sûrement à cause de la chaleur étouffante qu'il y avait dans l'église. C'est vrai qu'il faisait chaud. Le terme "African" dans le nom de l'Eglise devait d'ailleurs plus être en rapport avec le climat tropical à l'intérieur qu'avec les origines des personnes dans l'assemblée.
Ca nous a fait fuir les ritals. Il faut dire que la fille juste devant moi était en sueur. Je ne saurais dire si c'était seulement dû à la température ou si l'énergie qu'elle dépensait à se ventiler avec son plan de métro ne contribuait pas plus à son calvaire.
 
Ils ont eu tort de partir... Parce qu'"Oh happy days!", c'était quelque chose. Ca rebooste son monde pour toute la journée au moins. D'ailleurs c'est à ce moment-là que j'ai pris la décision d'aller faire un musée l'après-midi. C'est pour dire!
 
Malheureusement toute bonne chose a une fin, et après un petit mot du révérend à ses ouailles, tout le monde était renvoyé à la maison.
 
A toutes les lèvres(francophones du moins) pendait la même question: "Il y avait beaucoup de touristes, tu penses qu'ils en font une pour eux?".
 
Pour ceux qui trouveraient ce billet un peu "borderline" voire raciste, je tiens à préciser que j'ai un ami noir.
Pour ceux qui le trouveraient blasphématoire, j'ai également un ami prêtre.
 
Je recherche d'ailleurs un prêtre noir qui voudrait bien être mon ami pour simplifier les choses.

Mordre la vie!

Demain j'aurai définitivement quitté le Tiers-Monde et tous ses aléas (pauvreté, famine, maladies vénériennes, etc.).
 
Je n'ai pas été très productif sur cette dernière partie du voyage mais j'étais un peu occupé.
 
Certains le savent peut-être déjà, je travaillais en tant que volontaire pour une ONG chargée de recueillir les chiens abandonnés en Amérique du Sud. Elle a pour mission de leur apporter foyer, nourriture et surtout amour. C'est fou le bonheur que l'on ressent quand on voit les pupilles de ces braves bêtes briller après un bon repas.
 
Il faut savoir que dans la majorité des villes d'Amérique du Sud les chiens errants pullulent. La plupart du temps, les autorités choisissent de pratiquer des cynocides. Moi-même au début je travaillais avec une milice de quartier pour éradiquer la race canine. J'avoue qu'il m'est arrivé de mettre des chiens vivants dans des sacs lestés avant de les jeter a l'eau.
 
Aujourd'hui j'ai compris que ce n'était pas la solution.
 
Avec les collègues de l'association on a déjà sauvé plusieurs dizaines de chiens de tout âge et de toute race (sauf les chihuahuas car ils sont vraiment trop moches).
 
On essaye de travailler main dans la main avec les autorités qui souvent nous laissent nous occuper d'un quartier avant qu'ils passent eux-mêmes dans la rue poser de la mort-aux-rats ou s'entraîner au skeet.
 
Au refuge, on est une dizaine a venir du monde entier pour prendre soin de tous ces chiens.
 
Il y a Frank, un autrichien, ancien-toxicomane, qui suit une thérapie contre son addiction en parallèle.
Emily est une Anglaise de 23 ans qui est venue de Manchester après la perte de son cocker dans un accident domestique. Elle est arrivée effondrée et petit a petit, elle reprend goût a la vie.
Il y a également Ted, un américain. Lui il est marrant, il est très timide. Il a participe au jeu télévisé "The beauty and the geek". Il s'est fait éliminer au premier tour. Il a été surpris en train d'installer un système de vidéo-surveillance dans les douches des filles. Ici il lui est interdit de toucher le moindre composant électronique. L'autre jour, on l'a surpris déguisé en GI dans le jardin, il faisait un remake de Full Metal Jacket avec les chiens alignés sur la pelouse. C'est bien, il commence à se déshiniber!
Il y aussi Luce, Enrik, Phil, Dan et Pat.
Pat est une ancienne néo-nazie qui a l'amour des bêtes dans la peau depuis toute petite. Au début, c'était essentiellement les bergers allemands mais depuis elle a élargi ses critères. Elle tente de temps en temps de nous montrer que les lévriers sont supérieurs aux cockers mais, comme je le dis souvent, ceux qui aiment les bêtes aiment forcément les humains. Bien sûr, ça clashe parfois avec Phil qui est originaire du Kenya, mais ça reste bon enfant. La preuve, elle est à nouveau autorisée à rentrer sur le territoire des Etats-Unis depuis la semaine dernière.
 
Bref, je suis un peu triste de quitter tout ce monde, on a vraiment pu tisser des liens très forts. Je crois que voyager de la sorte, autour d'une cause qui nous tient à coeur, permet vraiment de créer des amitiés indéboulonnables.
 
Je ne sais pas si j'ai gagné ma place au paradis canin, mais je sais que si j'y passe, il y aura toujours une croquette pour moi.

Aoutien

Comme tout le monde part en vacances la premiere quinzaine d'aout, j'ai decide de faire de même (j'entends d'ici les "ca fait 5 mois que tu es en vacances!", je leur reponds: "ce ne sont pas des vacances, c'est un voyage d'etudes!" et la tout le monde se tait et approuve).


Quoiqu'il en soit, je me mets en conges pour 15 jours. En même temps je suis tellement sympa que je ne suis pas a l'abri d'ecrire quelque chose d'ici la. Vous savez ce que sont les artistes, imprevisibles. Et bien moi c'est pareil.

A tout moment, je peux reprendre le clavier pour vous dire que Valparaiso est une super ville, que les paysages du nord du Chili et du sud de la Bolivie sont magnifiques, que Potosi ce n'est pas le Perou, que Sucre n'est pas que dans le cafe, qu'a la Paz, les femmes font du catch. A tout moment je vous l'avais dit...

Mais comme je ne suis pas vache, que tout le monde n'est pas en vacances, que certains s'embetent au bureau, que le tour de Lequipe.fr ou du Monde.fr se fait tres rapidement au mois d'aout, je vous ai prevu un peu de lecture.

Pour ceux qui prevoient un tour du monde ou un simple voyage et veulent plein d'infos, je renvoie a l'adresse suivante: www.pepsworld.fr
C'est le site pour ceux qui veulent tout savoir sur plein de pays, les budgets, les astuces, comment ecumer une ville de 10 millions d'habitants en deux heures, dormir pour le prix d'un cafe avec des rats, ne pas croiser un seul touriste dans les transports et vivre pendant un an avec un sac de 3 kilos.
 
Les mises a jour ne sont pas au top mais il faut l'excuser, il est plus occupe a chercher comment faire pour ne pas payer l'entree au Machu Pichu qu'a glander sur internet. En revanche il repond aux mails quand vous avez des questions.
 
Bonne lecture et bonnes vacances.

Moi l'année prochaine je skie au mois de juillet !

Pourquoi skier au mois de juillet:
-il fait beau
-il fait chaud
-les parisiens sont dans le sud
-pas de problème de bouchons
 
Le problème c'est qu'il faut aller au Chili et au Chili:
-c'est plein de Bresiliens sur les pistes
-les gens font un virage et crient comme s'ils avaient remporte la descente des JO (ce qui d'ailleurs augmente leurs probabilites de chute au virage suivant)
 
L'avantage avec les Bresiliens:
-ils ne prennent pas le tire-fesse (sauf a Boulogne, mais il n'y a pas de neige)
-des qu'il y a un panneau "solo experto" en haut d'une piste, ils n'y vont pas. Il faudrait en poser partout.
 
Les trucs a eviter quand on skie au mois de juillet:
-skier en maillot de bain (pour les coups de soleil dans le dos)
-skier en tongs (pas pratique a mettre au dessus des chaussettes)
-etre dans l'hemisphere nord
 
Je mentirais en disant que ca ne vaut pas le coup. D'ailleurs, il faudra le dire a Bernard Morin. En plus, dans l'absolu, on ne perd pas trop sur la qualite du vin chaud.

Où est Charlie?

Parce que j'avais promis quelques photos?
Parce que je n'ai pas vraiment tenu promesse?
Parce qu'en fait ca prend du temps et que je prefere lire Lequipe.fr quand je vais sur Internet?

Pour toutes ces raisons, peut être, ceux qui voulaient des photos sont decus.

Et je les comprends!

Je lance un nouveau jeu, où est Charlie.

Il ne faut pas retrouver Charlie, ni Thomas sur les photos qui suivent mais où je suis, vous suivez?

C'est pas grave, regardez (destinations presentes : Indonesie, Sydney, Moorea, Ile de Paques, Valparaiso, Andes).

(download)

Moi, Pascal le Moai

Bonjour,
 
Je m'appelle Pascal le Moai, je viens de Rapa Nui plus connue sous le nom d'Ile de Pâques ou Isla de Pascua comme disent les Chiliens qui ont pris possession du coin en 1888 (j'ai entendu dire que vous aimiez les details historiques).
 
Ici, on est pas mal de cousins un peu partout. Excusez- moi je ne vous ai pas dit ce qu'etait un Moai. C'est tout simple, moai = statue en Rapa Nui, la langue locale. Les humains qui ont colonise cette ile, il y a 1000 ans environ.
 
Si vous venez, vous ne pouvez pas nous rater. Autour de l'ile, dans les boutiques, dans les livres, en dessins, en statuettes, etc. On a même un cousin tres eloigne qui a ete coule au large pour satisfaire les plongeurs.
 
Pourtant ca n'a pas toujours ete facile. Quand on a commence a etre construit, on etaient les stars locales, Michael Jackson a cote faisait pale figure. Les gens nous veneraient, la famille s'aggrandissait, la belle epoque! Puis un jour, des illumines ont pense qu'on ne servait plus a rien, ils nous ont foutu par terre et ont commence a s'intéresser a une bande d'adolescents pre-puberes qui allaient voler des oeufs sur l'ile voisine. Ca leur a pas reussi car quelques années plus tard des europeens sont venus sur l'ile et ont decide que c'etait chez eux. Pour nous ca a ete plutot cool car ils nous ont trouves tres mysterieux. J'avais beau essaye de leur expliquer qu'on etait que des statues, ils ne me comprenait pas...
Ah j'en ai vu passer des gens autour de moi s'extasier, s'emerveiller et même se prosterner. Aujourd'hui la plupart des Rapa Nui se foutent de nous et vont plutot a l'eglise. Seuls quelques blancs illumines se prosternent a mes pieds, je les laisse faire, ca m'amuse et puis ca fait toujours plaisir.
 
Vous vous demandez ce qu'on fait la. C'est simple, a l'epoque les gens pensaient qu'on representait leurs ancetres. Personnellement, je n'ai jamais ete humain mais ils etaient une ribambelle a croire que j'etais leur grand-pere. Je ne suis pourtant qu'un tas de pierre sculpte dans le volcan, a qui on a mis un chapeau rouge et pose dos a la mer. Plus exactement on etait pose face aux villages. Ah j'en ai vu des choses. Les petits qui partaient fumer en cachette, le mec qui se tapait la femme de son frere, la petite vieille qui volait des poules... C'etait sympa!!! Seul inconvenient de ne pas voir la mer, c'est qu'on ne voyait pas les tsunamis arriver. Je ne compte plus le nombre de fois ou je me suis retrouve le nez dans le gazon...
 
Aujourd'hui encore, beaucoup se demandent pourquoi les habitants de l'ile ont mis tant d'energie a nous eriger. C'est assez simple en fait. Imaginez que vous soyez bloque sur un bout de terre au milieu de nulle part, vous allez vite vous embeter. Les Rapa Nui se faisaient profondemment chier sur leur ile: ca leur a servi de passe-temps.
 
Je ne sais pas si vous savez mais au printemps prochain je vais aller a Paris. Youpi! J'ai enfin reussi a faire comprendre a un humain ce que je voulais lui dire. Après 1000 ans, c'est pas trop tôt...
Y a un pseudo-pretre qui a compris que je voulais voyager. Je lui ai baratine que si j'y allais ca allait transformer l'ordre du monde et des betises de ce genre. Lui ca lui a mis un coup. Il est donc alle a Paris pour me trouver un endroit ou me poser. Il a senti des bonnes ondes au jardin des Tuileries entre la pyramide du Louvre et la place de la Concorde. Je l'avais briefe avant de partir, je suis pas fou. J'allais pas aller en France pour me faire poser a La Courneuve ou dans la Creuse. La je serai bien, jolie vue, c'est passant en plus.
 
Ce qui est sacrement la classe, c'est que je voyage grace a Louis Vuitton qui finance tout ca. C'est pas la crise pour tout le monde!
 
Il faudra passer me voir, je compte sur vous.
 
Au fait, j'ai croise un chic type, un Francais, il s'appelle Thomas, il m'a dit que lui aussi, il avait voulu se faire payer le voyage par Louis Vuitton ca a pas marche. Donc si jamais vous avez un peu d'argent a lui envoyer, n'hesitez pas.
 
Ia orana (c'est du Rapa Nui)
 
Pascal

Polystories

Quelques histoires recueillies dans les iles.
 
Pour des raisons evidentes de protection de la vie privee, les prenoms ont ete changes.
 
Stephen, 45 ans, en tour du monde.
"Ma femme m'a quitte, donc je voulais me changer les idees. J'ai choisi faire le tour des DOM-TOM. En même temps, je fais les pays a cote. La Polynesie, je suis decu, je pense que je ne vais pas pouvoir serrer. A Madagascar, j'avais trouve une copine. Bon je sais c'etait une pute, je lui payais tout, mais je suis sur qu'elle etait amoureuse. A la Reunion aussi, elle etait moche mais je pouvais loger gratuitement donc je me forcais. La je le sens pas trop. Pourtant y en a des mignonnes. C'est sur, la plupart font un metre cube, mais y en a des mignonnes... Le problème c'est qu'elles sont toutes maquees. Je parle des mignonnes. Les grosses aussi, une fois qu'elles ont l'anneau au doigt, elles oublient de s'en mettre un a l'estomac.
En plus je vais pas leur piquer une des leurs. Les mecs sont montes comme des armoires a glace. Je suis expert en CAC ( corps-a-corps pour les non-inities), mais je veux pas avoir de problème."
 
Alain, 58 ans, organise des excursions dans le lagon.
"Moi ca fait 34 ans que je suis ici. A la base, je bossais sur un crevetier en Amerique du Sud, puis un jour ma tante m'a appele pour me proposer de l'aider dans ses affaires a Tahiti. Je suis arrive ici, je suis jamais reparti. Si, une fois, je suis rentre pour le mariage de ma soeur, je me suis bien fait chier, je suis vite rentre. Qu'est-ce qui peut me manquer ici? Je suis tous les jours dans l'eau avec mes raies et mes requins. (Un bateau passe un peu vite dans le lagon) Eh, banane, passe encore plus vite!
Si la vie est chere ici? Penses-tu. Je peche mes repas, on a des fruits dans le jardin, il suffit d'acheter un peu de riz. Et puis tu as vu mon bureau (il montre le lagon). Tu as vu mes secretaires (il montre les raies). (Un bateau passe un peu vite dans le lagon) Eh, banane, passe encore plus vite!
Tiens tu devrais remettre un peu de crème solaire, ca tape. Moi ca va j'ai l'habitude."
J'aurais pu lui repondre qu'il etait pas pour autant a l'abri d'attraper un cancer de la peau, mais il avait l'air tellement heureux...
 
Damien, 35 ans, prof de plongee.
"Pour moi c'est le top d'etre installee ici. Avant j'ai ete en Thailande et en Egypte surtout mais c'est pas pareil. Tu vis dans des hotels, tu vois toujours les memes personnes, tu dois faire attention a ce que tu fais. C'est un peu la prison l'Egypte et puis sortie de la plongee on avait rien a faire. La Thailande c'etait sympa. Mais pour la gamine, c'est mieux ici. Elle peut aller a l'ecole. Apprendre le thai c'est gentil mais c'est pas tres utile."
 
Philippe, 45 ans, en vacances
"Chaque année je viens deux mois ici. Je bosse comme un fou pendant 10 mois pour avoir ces deux mois. En plus j'ai de la famille ici. Ah sur les polynesiens j'en ai des histoires. J'en ai des tonnes.
 
Tiens, Marlon Brando a tourne un film ici. Ils avaient besoin de figurants locaux. Le premier jour, ils leur filent des costumes, les font tourner. Le deuxieme jour personne ne vient. Ils vont les chercher mais ils reviennent sans les costumes... Ils les avaient files a la famille, aux amis. Les americains se tiraient les cheveux. Ca leur a coute un fric fou.
 
Ah les polynesiens, ils savent pas boire ou plutot ils savent boire mais ils deviennent completement cons avec l'alcool. Un soir je buvais un verre sur la terrasse de mon oncle. On voit le voisin d'en face arriver chez lui completement bourre. Il fait un peu de bruit et la sa femme sort de la maison. Elle arrive avec une enorme poele a frire et lui met un non moins enorme coup sur le crane, le mec s'effondre, inerte sur le sol. Passent quelques minutes, le mec ne bougeait toujours pas. On se dit qu'elle l'a acheve. On decide d'aller voir ca de plus pres. On se penche vers le mec. Il dormait. Le lendemain, on revoit le couple comme si de rien n'etait. Sa femme avait du prendre quelques volees après les orgies de son mari, depuis elle prend les devants.
 
C'est vrai que les polynesiens ils sont completements transformes par l'alcool, ils peuvent devenir violents. En plus ce ne sont pas des petits gabarits. J'avais un ami, un ange de 2m et 150 kg, une armoire a glace. Un soir, alors qu'on buvait un verre, il commencait a etre bien rond, il somnolait sur la table. Arrive un groupe de legionnaires francais, un peu bruyants, un peu ivres, un peu bagarreurs. Mon pote etait toujours a somnoler. Les militaires commencaient a chercher les gens dans le bar. D'un seul coup, mon pote, qui dormait presque, est sorti du bar, il revient immediatement en portant une mobylette a bout de bras prêt a la balancer sur la table des militaires et sur eux accessoirement. Ces derniers etaient morts de trouille alors que ce ne sont pas des enfants de choeur. On arrive quand même a le raisonner, il finit par lacher la moto sur la table a cote ou il n'y avait personne.
 
Avec l'alcool ils peuvent vraiment devenir fous, c'est pour ca que la vente est interdite le jour des elections. Politique et alcool il y a de quoi provoquer une guerre civile en Polynesie.
D'ailleurs quand il y a une dispute entre deux clans ca peut prendre des airs de batailles rangees. La derniere fois il y a eu deux maisons brulees. Les gendarmes pouvaient même pas intervenir, sur l'ile ils etaient trois, il y avait 60 personnes qui se battaient, ils ont attendu que ca se termine. Tout ca souvent pour une histoire de regards sur une femme. Ca peut degenerer même entre deux freres.
 
Ils ne sont pas toujours excites comme ca, ca peut même etre l'inverse parfois. Il y a un rythme qui peut decontenancer les popa'as (les blancs). Mon cousin faisait des travaux dans sa maison. Les travaux avancaient pas trop. Mon cousin appelle le gars du chantier pour lui dire qu'il fallait faire un trou pour les installations. Le mec passe, dit "ah oui il faut faire un trou" et il se casse. Mon cousin lui dit "et tu le fais pas le trou" (on se tutoie la-bas), l'autre lui repond "je sais qu'il faut faire un trou, je passerai le faire". Les chantiers avancent pas vite, l'hopital de Tahiti a 5 ans de retard, il devait etre fini il y a 5 ans, il n'est toujours pas commence. En plus, il y a les imponderables. Si jamais, tel poisson passe tel jour, on peut etre sur qu'il n'y aura personne sur le chantier. Tout le monde est a la peche."
 
Tout ca est raconte de memoire, il y a surement des erreurs, des approximations, des exagerations. En aucuns cas, je ne pourrais etre tenu responsable de propos diffamatoires sur la Polynesie. En plus c'est vraiment bien. Cher mais bien.